Wolfram Alpha : beau comme la rencontre du Quid et d’une calculatrice

Ça y est : Wolfram Alfa (http://www.wolframalpha.com) peut être interrogé (en anglais, faut-il le dire ?) par chaque internaute.

Wolfram Alpha, c’est quoi au juste ?

Wolfram Alpha n’est pas un moteur de recherche : ce n’est pas un point d’accès à des pages web préalablement indexées.

Wolfram Alpha n’est pas une encyclopédie : il ne propose pas un article ou une liste d’articles préalablement rédigés.

En réponse à la requête de l’internaute, Wolfram Alpha, donc, ne propose pas un ou des documents déjà existants mais produit un document (document utilisable aux conditions décrites ici (http://www.wolframalpha.com) et téléchargeable au format pdf ).

Ni moteur de recherche, ni encyclopédie, Wolfram Alpha s’apparente plutôt à une base universelle de données, à laquelle peuvent être soumises des requêtes simples ou complexes.

Wolfram Alpha se présente ou se définit comme un computational knowledge engine. Quel mot ou quelle expression concise et évocatrice pourraient convenir pour dire en français ce qu’est Wolfram Alpha ? Je suis personnellement tenté par des expressions telles que calculateur d’information, calculateur de réponse, moteur de réponse ou synthétiseur d’informations.

En fait, Wolfram Alpha répond par des résultats d’opérations mathématiques, des graphiques, des cartes, des frises chronologiques (timelines)… obtenus par des calculs ou des rapprochements utilisant des données initialement issues non pas d’une mais de plusieurs bases de données.

Des exemples pour mieux comprendre ? Vous en trouverez beaucoup ici (http://www.wolframalpha.com/examples/) et vous découvrirez l’essentiel dans cette introduction (http://www.wolframalpha.com/screencast/introducingwolframalpha.html), introduction qui me semble indispensable pour découvrir les possibilités offertes par l’outil et s’initier à son utilisation. En effet, si Wolfram Alpha répond bien lorsqu’on lui soumet des requêtes conformes aux exemples proposés, il n’en va pas forcément de même lorsqu’on risque certaines formulations pourtant simples. Ainsi, pour avoir l’heure, devrez-vous dire « now » et non pas « what time is it ? ». En revanche, WA « comprend » bien la question « When was born Kundera ? » (le 01er avril 1929). Mais demandez-lui « Who was born in 1929 ? » dans l’espoir d’obtenir une liste de personnalités et vous obtiendrez pour réponse : « 80 ans » !

D’autres résultats sont plus impressionants. Si on lui soumet la requête « france fish production vs. poland » Wolfram Alpha produit un graphique montrant comment les quantités de poissons pêchés en France et en Pologne ont évolué depuis les années 80. De même, il peut proposer une courbe montrant comment le PIB français a évolué par rapport au PIB italien depuis les années 70 si on lui soumet la requête « what is the gdp of france / italy ».
On comprend mieux avec de tels exemples quel intérêt on peut trouver à utiliser Wolfram Alpha mais on peut craindre aussi que la puissance du calculateur ne produise alors un effet d’éblouissement qui fasse oublier de s’interroger sur l’origine des données sur la base desquelles sont effectués les calculs.

D’où viennent les données utilisées pour les calculs ?

Peut-on connaître leur origine ? Oui (oui plutôt, ai-je envie, pour l’instant, de nuancer). Sous chaque réponse est proposé un lien Source information. Permet-il de savoir à quelle(s) source(s) ont été prises les données mises en jeu pour la conception de cette réponse en particulier ?

Il semble que ce soit parfois le cas mais que plus souvent la liste des sources citées soit une liste type : il s’agit vraisemblablement d’une liste des sources utilisées pour toute requête concernant tel ou tel champ du savoir (démographie, biographies etc.). Dans ce cas, toutes les sources citées n’ont pas forcément été utilisées et elles sont nombreuses : on peut être tenté alors d’en rester là, à la fois parce que la nature des sources citées peut inspirer confiance et parce que leur nombre peut décourager de s’y reporter !

Cependant,  au bas de la liste, un lien here semble devoir permettre de connaître les sources particulièrement utilisées pour la conception d’une réponse mais (à l’heure où j’écris) je n’obtiens rien en cliquant sur ce lien !

Quelle est la nature des sources utilisées ? Les quelques essais que j’ai effectués  font notamment apparaître des sources institutionnelles (surtout états-uniennes ou internationales (Nations Unies) mais aussi européennes) et des sources encyclopédiques (Encyclopedia Britannica, Wikipédia).

Un concurrent pour Google ou Wikipédia ?

Bien sûr, une partie des requêtes jusqu’alors adressées à Google ou à Wikipédia pourront désormais l’être à Wolfram Alpha. Mais on peut remarquer que celui-ci propose, pour complément à certaines réponses, des  Related links vers les articles de Wikipédia (articles anglophones évidemment)  et qu’une fonction Search the Web permet de transmettre la requête à Google, Yahoo ou Live Search : signes que son concepteur lui-même ne voit pas dans Wolfram Alpha (pour l’instant du moins !) une ressource susceptible de se substituer complètement à l’encyclopédie ou au moteur de recherche. A suivre (éventuellement depuis cette page : http://www.netvibes.com/philippe-martin#WolframAlpha).

Philippe Martin,  Texte sous contrat de licence CC BY-ND (http://creativecommons.org/licenses/by-nd/2.0/fr/)

2 réponses sur “Wolfram Alpha : beau comme la rencontre du Quid et d’une calculatrice”

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